Disorder in Order

Its a concept, a gait, a style, a construction mode, something that never ends, that we are constantly developing, … in short … an architecture. It is born from my experiences, my discoveries, my exchanges, my desires for living spaces, so it never ends.

D in O is the combination of 2 notions that articulate the relation between the architecture, the town and the resident.

Order depend of the context, of the town. It concerns the building envelope by imposing a rigor to facilitate his integration into city’s requirements. It is the integration in the rigorous city’s context. Without situation and constraint, Order has no reason to exist and Disorder take the entirety of the architecture.

Disorder depends on the user, it is inseparable from the architecture, no matter the context. It concerns building interior that is closest from resident. It is about creating an interior space appropriable and customizable. It is a constant in the architectural project, to absorb Order when it has no reason to be. The complete architectural object become a liberty between architect and user, whether in its global form or in this smallest interiority.

FR

 

Ce concept considère deux aspects de la construction urbaine : l’intérieur du bâtiment et sa place dans la ville. Il prend à contrepied la vérité formelle exigée par certains mouvements architecturaux surtout présents au XXème siècle. L’enveloppe extérieure d’un bâtiment appartient à la ville, il doit répondre à ses exigences pour pouvoir s’y intégrer et y participer. La façade joue en équipe, elle fait partie du collectif de la ville.

A l’inverse l’intérieur du bâtiment n’appartient qu’à son habitant. Il joue solo. Il est ici dans son monde qui doit répondre à des exigences propres : l’appropriation de l’espace et les fonctions de l’ordre de l’individuel déconnectées de la ville collective.

Une dualité s’opère entre les priorités de ces deux couches du bâtiment : intégration/appropriation de l’environnement, efficacité/confort, collectif/individuel, …

Order

Unité de la ville

La renommée urbaine de Paris, c’est Haussmann. Passés les événements architecturaux comme la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, Notre Dame de Paris … ce sont les boulevards et immeubles du milieu du XIXème siècle, créés sous les règles urbaines d’Haussmann qui font le rayonnement touristique de Paris.

Cette unité urbaine avec ses alignements de balcons et façades a contraint bon nombre d’architectures formelles et concentrer l’attention des architectes sur diverses ornements et cornières.

La dictature urbanistique haussmanienne étant derrière nous, les règles urbaines se sont assouplies et laissent davantage d’expression de façade aux architectes. L’ordre urbain reste cependant nécessaire pour que la ville reste homogène et fonctionne comme un ensemble, une entité commune. Les plus belles villes mondiales sont reconnues pour leur homogénéité urbaine (Paris, Amsterdam, …). La ville ne peut se former que d’individualités architecturales, au risque de se transformer en un brouhaha urbain, constitués d’éléments uniques et se voulant “marquants” tant et si bien qu’ils ne le sont plus.

Néanmoins, aucun absolu n’est bon d’autant plus lorsque l’on parle d’ “ordre”. L’ordre urbain ne doit pas se transformer en rigueur absolue. L’urbanisme et l’architecture soviétique du XXème siècle sont réputés pour ce glissement vers l’ordre absolu et rigoureux ne laissant place à aucune fantaisie. La reconnaissance de tel ou tel morceau de ville se fait par le monument qu’il est possible de voir au fond de chaque axe majeur. Le reste de la ville faisant preuve d’une ressemblance dépassant le charme de l’homogénéité pour perdre son usager. Ces villes sont dessinées pour leur efficacité, monumentalité et simplicité. Se déplacer rapidement, accéder rapidement aux bâtiments majeurs au profit de grands axes routiers et de perspectives impériales. Ce sont des villes dimensionnées par la voiture.

Rapidité de la ville

La ville moderne est soumise à un besoin de vitesse et d’efficacité. La Slow Town n’est encore qu’une rumeur que peu de villes osent aborder. A l’image des technologies qui aujourd’hui la gouverne, elle se doit d’être toujours plus rapide. Sa densité augmente pour réduire les distances à parcourir, pour que le temps ne s’échappe pas en transports. Ces mêmes distances doivent être parcouru plus rapidement : on augmente les cadences et vitesses des métros et différents trains de banlieue, la voiture est devenue indésirable car les bouchons la ralentisse …

Dans cet état d’esprit, l’ordre s’impose. La hiérarchie des voies, des moyens de transports, des accès, des zonings … tend à accélérer les déplacements et le développement de la ville, toujours plus vite. On n’hésite pas à tracer des sillons d’ordre rectiligne dans la ville pour accélérer son fonctionnement, l’irriguer de plus de citadins pour la faire croître davantage.

Le bâtiment architectural doit s’inscrire dans ce contexte où la rigueur lui est souvent demandé. Son enveloppe extérieure doit respecter l’Order pour s’intégrer à son contexte.

Je rêve du jour où la ville sera aussi bien appropriée par ses occupants que le sont les logements et où ce concept architectural se résumerait au Disorder.

 

 

Disorder

Appropriation

L’espace intérieur est consacré à ses occupants. Il doit répondre à leur besoin d’appropriation de l’espace. L’espace urbain permet une appropriation, bien qu’essentielle, limitée par sa fonction collective et passante. A l’inverse l’espace intérieur est privé et individuel, l’usager y est seul dépositaire et peut faire ce qu’il souhaite de l’espace qui lui ai laissé par l’architecte.

Les designs intérieurs trop rigoureux ne trouvent plus preneurs.

Pour exemple un domaine qui s’est fait un symbole de design d’ordre : les bureaux. Jusqu’aux années 2000, l’accueil d’un immeuble de bureau se devait d’être strict, linéaire, fait de pierres noble pour imposer à son visiteur la “puissance”, le sérieux et la stabilité de l’entreprise qui s’y loge. Aujourd’hui le domestique s’invite au bureau, le visiteur n’est plus écrasé par cette image impériale de l’entreprise mais est au contraire invité à entrer. Le mouvement des campus d’entreprises et des design d’ambiances dits “de start-up” va dans ce sens pour concevoir des espaces confortables qui invitent le salarié à s’approprier l’espace, s’y sentir bien et y travailler mieux. L’espace de travail devient un argument de recrutement. Les usagers doivent s’y sentir “comme chez eux”.

Cela se traduit bien souvent par l’utilisation de matières chaleureuses comme le bois ou les tissus, associées à des couleurs chaudes. Pour reprendre l’exemple du hall d’accueil, on y intègre des espaces pour s’arrêter, s’asseoir, prendre un café …

La notion de plan libre dans les 5 points de l’architecture moderne de Le Corbusier pose un premier jalon à cette appropriation. Le plan libre laisse la possibilité de structurer son intérieur librement. L’architecte n’impose plus une rigidité d’aménagement découlant de sa façade. Le plan libre devient la norme au XXème siècle mais reste encore trop souvent rigoureux : l’appropriation ne prend toujours pas sa place. Les volumes restent vides et l’humain peine à y trouver sa place.

“Se constituer son « chez-soi », c’est investir un lieu et le posséder par l’appropriation, y faire habiter son corps, y faire habiter ses objets.[…]

L’architecture du lieu doit pouvoir permettre la personnalisation d’un espace de vie et favoriser son appropriation. “ Qu’est-ce qu’habiter? par Nadège Leroux

L’appropriation de l’espace est très proche du corps de l’usager. On ne peut s’approprier que ce qui est à notre portée, ce que l’on peut modifier, toucher, approcher de notre corps. Cela pousse à travailler les petits espaces. Reconstituer des espaces simples et à échelle humaine pour que l’usager puisse le personnaliser et s’en servir d’une façon qui lui serait suggérée mais non imposée.

Le grand plateau de bureau paysager, rendu libre de toute contrainte d’aménagement par le “plan libre”, est un espace totalement impersonnel et inappropriable. On s’aperçoit aujourd’hui que dans ses grands volumes vides, le mobilier vient recréer des espaces plus petits, plus intimes, plus appropriables. On vient recréer un abris dans l’abris que doit être le bâtiment. Cela pour arriver à un espace à échelle humaine. L’illustration de ce constat vient par exemple dans tous les réaménagements de sièges sociaux du numérique tel l’extension du siège d’AirBNB à San Francisco (WRNS Studio), celui d’Ekimetrics à Paris (Estelle Vincent Architecture), de SoundCloud à Berlin (Kinzo Berlin) …

Ces aménagements recréer des espaces à échelle humaine dans un volume plutôt à l’échelle de l’entreprise, voir de la ville. On comprends donc l’intérêt du petit espace, nécessairement multiple dans de telles dimensions.

Il faut re-partitionner ces plans libres pour en faire une multitude de petits espaces divers, appropriables par l’homme.

Il ne s’agit pas de revenir à un plan fermé, totalement figé par des murs porteurs intérieurs qui imposent à l’habitant la vision de l’architecte jusqu’au plus intime de son “chez lui”. Le plan libre permet une évolution permanente de partition des espaces. Il intègre une notion essentielle : le temps. L’aménagement intérieur acquiert une grande souplesse et peut être changé simplement, rapidement, souvent et pour un coût réduit.

C’est ce que l’on nommera le Disorder, créer une multitude d’espaces qui évoluent en permanence sur différentes échelles de temps : de la journée à la vie du bâtiment.

 

 

Disorder in Order – Définition

D in O est la combinaison de ces deux notions qui articulent le rapport de l’architecture avec la ville et avec l’usager.

L’Order dépend du contexte, de la ville, il n’est donc pas constant. En l’absence de contexte et de contrainte, il n’a plus de raison d’exister et c’est le Disorder qui prend l’entièreté de l’architecture.

Le Disorder lui dépend de l’usager, il est indissociable de l’architecture quelqu’en soit le contexte. C’est une constante dans le projet architectural, jusqu’à absorber l’Order quand ce dernier n’a pas de raison d’être. L’objet architectural complet devient une liberté entre l’architecte et l’usager que ce soit dans sa forme globale ou dans sa plus petite intériorité.